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Expertise en numérisation 3D et analyse

De l’architecture à la conservation numérique du patrimoine et environnement bâti: Le rôle de l’architecte dans le processus de capture de la réalité.

  • Photo du rédacteur: Calina Olari
    Calina Olari
  • 29 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Il y a quelque temps, j’ai reçu un appel de sondage sur mon parcours d’études en architecture. L’une des questions ma interpellé: À quel point mes études en architecture me servent-elles dans mon métier de tous les jours?


Bien que les choix de réponse se limitaient de « pas du tout » à « tous les jours », la réponse était un peu plus complexe.


L’essentiel est de comprendre que la profession d’architecte n’est pas un monolithe. Bien qu’on la réduise souvent au rôle de « designer » de notre environnement bâti, de nombreuses spécialisations en architecture n’ont pas toujours de lien direct avec le design. Que ce soit par le dessin, la recherche, l’analyse ou l’implémentation de technologies, chaque architecte apporte sa vision et son expertise en collaboration avec les différents acteurs du secteur afin de transformer un projet en réalité. 


Alors, pourquoi avoir choisi un domaine aussi niché que la capture de la réalité et la conservation numérique du patrimoine et de l’environnement bâti?


Le paysage de ma jeunesse s’est façonné au rythme de longues marches à travers une banlieue lavalloise. En grandissant, j’observais aussi les bâtiments changer et prendre de l’âge. En particulier, la (relativement jeune) paroisse du quartier, qui, au fil des années, a accueilli les concerts de Noël de mon école primaire ainsi que plusieurs événements mémorables. Elle servait alors de toile de fond majestueuse aux photos de ces moments marquants. Lors de mes dernières marches dans le quartier, je n’observais plus une façade accueillante et vivante, mais un parvis bloqué par des cônes orange et du ruban de sécurité, en attente de travaux. J’ai alors eu une pensée: et si ces travaux n’arrivaient pas à temps? Et si un malheur survenait, ou si une reconstruction à partir des plans d’origine de 1900 devenait impossible? Tout ce qu’il nous resterait de la mémoire de ce bâtiment ne serait que sa présence en arrière-plan de nos photos.


C’est tranquillement, au fil de ma découverte de notre patrimoine, que je me suis donné comme mission la conservation numérique de notre patrimoine bâti. 


Aujourd’hui, de nombreux organismes, citoyens, élus et professionnels du milieu, ayant à cœur la conservation du patrimoine, luttent sans relâche pour obtenir des fonds dédiés à la protection de ces bâtiments. Parfois, plusieurs de nos édifices patrimoniaux peuvent se retrouvent au bas de la liste des priorités mais il est toujours possible de prendre de l’avance et de réfléchir dès maintenant à leur future restauration. 


Lors de mon projet final de maîtrise en architecture, j’ai choisi de pousser plus loin ma passion pour le patrimoine en la combinant à ma curiosité pour les technologies. En m’intéressant plus particulièrement au patrimoine religieux du Québec, un constat s’est imposé: il n’est pas toujours possible de conserver tous nos bâtiments patrimoniaux avant que certaines parties ne se dégradent trop.


Le récent incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a toutefois mis en lumière une piste d’espoir. La restauration a pu être amorcée, en partie, grâce à un nuage de points issu d’une numérisation réalisée quelques années auparavant. Cet événement a renforcé ma conviction quant au rôle essentiel que la technologie peut jouer dans la protection de notre patrimoine bâti. 


Dans cette première étape de la conservation numérique du patrimoine bâti, l’architecte apporte son expertise pour identifier les zones critiques et les recréer numériquement, afin que le jumeau numérique puisse être mobilisé lors de travaux futurs. En combinant cette expertise à une maîtrise des technologies, l’architecte sélectionne les outils et les livrables les plus pertinents pour acquérir et archiver des données de qualité, tout en anticipant les besoins futurs liés à leur utilisation. Il assure également la cohérence historique du bâtiment à travers le processus de numérisation et en encadre l’usage.


Bien que j’adore le temps passé à conserver numériquement des cathédrales, des paroisses ou des maisons ancestrales, mon rôle m’amène souvent à accompagner d’autres architectes et professionnels du milieu dans des usages plus pragmatiques de la capture de la réalité. Souvent, les premières phases d’un projet avancent à un rythme très rapide. Dans les projets de rénovation et d’agrandissement, nous avons besoin de données fiables et, bien souvent, nous en avons besoin pour… hier!


Qu’il s’agisse de restaurer une église de 200 ans ou de réaliser l’agrandissement d’une école, le rôle de l’architecte dans l’acquisition des données numériques en début de projet est essentiel pour démarrer avec une base fiable.


Lors d’un de mes cours de relevé de bâtiments, nous apprenions à dessiner la façade d’un très vieux bâtiment en mesurant une brique, puis en comptant le nombre de briques une à une. On va se le dire, je n’allais clairement plus compter les briques manuellement!


Aujourd’hui, mon rôle consiste à accompagner d’autres architectes afin d’alléger leur travail dès les premières phases d’un projet. Dans l’acquisition des données numériques, les connaissances d’un architecte sont extrêmement précieuses. La compréhension du projet architectural, du processus de conception et de son élaboration nous permet de choisir avec justesse les technologies et les méthodologies nécessaires à une capture complète et précise de l’existant.


L’objectif n’est pas de livrer simplement un « beau » nuage de points, mais bien de transformer la réalité en données exploitables, que ce soit sous forme de nuages de points, de modèles photogrammétriques, d’orthoimages, de modèles 3D ou d’analyses de déformation.


La beauté de ce métier réside aussi dans la gestion des « réalités imparfaites », qu’il s’agisse de vérifier des plans d’exécution par rapport au bâtiment construit, ou d’analyser des édifices patrimoniaux marqués par le temps et les déformations. C’est également l’occasion de découvrir, d’analyser et de décortiquer des bâtiments dont l’histoire n’est plus dressée sur aucun plan.


Le parcours typique d’un architecte consiste à élaborer des plans pour ensuite façonner notre environnement bâti. Pour moi, c’est l’inverse. C’est capter la réalité, étudier son histoire, ses détails architecturaux, ses fissures et ses façades sculptées par le temps, puis les mettre en plan et les conserver pour toujours.

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